Un ferry en Guadeloupe est une liaison maritime régulière entre l'île papillon et ses dépendances : Les Saintes, Marie-Galante et La Désirade. Quatre ports de départ se partagent ces destinations, de Bergevin à Pointe-à-Pitre au quai de Trois-Rivières, et la traversée dure de vingt minutes à une heure.
Ce qu'il faut retenir
- Trois destinations insulaires sont desservies toute l'année : Les Saintes, Marie-Galante et La Désirade. Chacune a son port de départ privilégié sur la Guadeloupe continentale.
- Le trajet le plus court est Trois-Rivières vers Terre-de-Haut, de l'ordre de vingt minutes. Depuis la gare maritime de Bergevin, à Pointe-à-Pitre, comptez plutôt une heure.
- Les compagnies maritimes de l'archipel se comptent sur les doigts d'une main : L'Express des Îles, CTM Deher, Val'Ferry, Comatrile et Karu Ferry se partagent les rotations.
- Les durées de traversée et les ports ne changent pas ; les horaires et les tarifs, eux, varient selon la saison et se vérifient auprès de la compagnie la veille du départ.
Quelles îles se rejoignent en ferry depuis la Guadeloupe
La Guadeloupe n'est pas une île mais un archipel, et c'est ce qui rend le ferry indispensable. Grande-Terre et Basse-Terre, les deux ailes du papillon, sont reliées par des ponts au-dessus de la Rivière Salée : on passe de l'une à l'autre en voiture, sans jamais embarquer. Tout le reste se gagne par la mer.
Trois destinations sont desservies par des rotations régulières, toute l'année. Les Saintes, au sud de Basse-Terre, se composent de deux îles peuplées et de quelques îlots : Terre-de-Haut concentre le mouillage, les commerces et l'essentiel du trafic, tandis que Terre-de-Bas reste beaucoup plus discrète. Marie-Galante, au sud-est, est la plus vaste des dépendances et compte deux ports d'arrivée, Grand-Bourg et Saint-Louis. La Désirade, à l'est de la Pointe des Châteaux, est la plus isolée et la moins desservie des trois.
À ces liaisons intérieures s'ajoutent les rotations vers les îles voisines. Depuis Pointe-à-Pitre, un ferry rapide relie la Guadeloupe à la Dominique, à la Martinique et parfois à Sainte-Lucie. Ce sont des trajets d'une tout autre nature : plusieurs heures de navigation, une escale intermédiaire, et pour la Dominique comme pour Sainte-Lucie un véritable passage de frontière avec contrôle des documents. La Martinique, territoire français, n'impose aucune formalité de ce type.
Enfin, il ne faut pas confondre ces liaisons avec les navettes touristiques. Les bateaux qui desservent l'îlet Caret ou l'îlet du Gosier, ou ceux qui emmènent plonger dans la réserve Cousteau, ne sont pas des ferries : ce sont des excursions à la demi-journée, sans vocation de transport public. La distinction vaut aussi pour Petite-Terre, la quatrième dépendance de l'archipel : personne n'y vit, la réserve naturelle en encadre l'accès, et on ne l'atteint qu'en sortie organisée à la journée, jamais par une rotation régulière.
Les ports de départ, et celui qu'il faut choisir
Le choix du port de départ compte davantage que le choix de la compagnie. Il détermine la durée de la traversée, le temps de route pour l'atteindre, et le nombre de rotations disponibles dans la journée. Un voyageur logé à Deshaies et un voyageur logé au Gosier n'ont pas intérêt à embarquer au même endroit pour la même île.
La gare maritime de Bergevin, à Pointe-à-Pitre
C'est le principal point de départ de l'archipel, situé dans le quartier de Bergevin à Pointe-à-Pitre. De là partent les rotations vers Les Saintes et Marie-Galante, ainsi que la desserte interîles vers la Dominique et la Martinique. L'avantage est la fréquence et la centralité ; l'inconvénient est la durée, puisque le navire doit d'abord sortir du plan d'eau du Petit Cul-de-Sac Marin avant de gagner le large.
Un piège revient chaque saison : Pointe-à-Pitre compte plusieurs installations portuaires, et la gare maritime des liaisons insulaires n'est ni le terminal de croisière ni le port de commerce. Se tromper de site coûte facilement une demi-heure dans une ville où la circulation est dense aux heures d'embarquement. Prévoir de l'avance pour le stationnement fait partie du trajet.
Trois-Rivières, le trajet le plus court vers Les Saintes
Sur la côte sud de Basse-Terre, l'embarcadère de Trois-Rivières est le point de départ le plus proche des Saintes. La traversée jusqu'à Terre-de-Haut y est de l'ordre de vingt minutes, contre environ une heure depuis Pointe-à-Pitre. Pour qui séjourne sur Basse-Terre, c'est sans hésitation le bon choix, et il rend l'aller-retour dans la journée parfaitement confortable.
Le port dispose de parkings payants et surveillés, ce qui est utile puisque la voiture reste à quai : Terre-de-Haut limite fortement la circulation automobile et l'on s'y déplace à pied, en scooter ou en navette.
Saint-François, la porte de La Désirade
À l'est de Grande-Terre, le port de Saint-François est le seul point de départ régulier vers La Désirade. Il assure également des rotations vers Marie-Galante et, selon les périodes, vers Les Saintes. Sa position en fait le port naturel pour les voyageurs logés sur la pointe est de Grande-Terre, entre Sainte-Anne et la Pointe des Châteaux.
C'est aussi la liaison la plus exposée de l'archipel. Le bras de mer qui sépare Saint-François de Beauséjour reçoit la houle d'est de plein fouet, et les annulations pour mer agitée y sont plus fréquentes qu'ailleurs. Une visite de La Désirade se planifie donc en début de séjour, jamais la veille d'un vol retour.
Basse-Terre et les embarcadères secondaires
La ville de Basse-Terre assure quelques rotations vers Les Saintes, souvent en complément de celles de Trois-Rivières. D'autres points d'embarquement existent selon les saisons et les compagnies, notamment sur la côte nord pour des dessertes ponctuelles. Ces départs secondaires ne figurent pas toujours sur les comparateurs en ligne : c'est un argument de plus pour consulter directement le site de la compagnie maritime.
Durées de traversée et fréquence des rotations
Voici les ordres de grandeur à retenir. Les durées indiquées correspondent à une navigation directe, par mer maniable ; une escale intermédiaire ou une mer formée peut les allonger sensiblement.
| Destination | Port de départ | Durée indicative | Rotations |
|---|---|---|---|
| Les Saintes, Terre-de-Haut | Trois-Rivières | environ 20 minutes | plusieurs par jour |
| Les Saintes, Terre-de-Haut | Pointe-à-Pitre, Bergevin | environ 1 heure | quotidiennes |
| Les Saintes, Terre-de-Bas | Trois-Rivières | environ 30 minutes | réduites |
| Marie-Galante, Grand-Bourg | Pointe-à-Pitre, Bergevin | 45 minutes à 1 heure | plusieurs par jour |
| Marie-Galante, Saint-Louis | Saint-François | environ 1 heure | selon la saison |
| La Désirade, Beauséjour | Saint-François | environ 45 minutes | une à deux par jour |
| Dominique, Martinique | Pointe-à-Pitre, Bergevin | 2 heures et plus | quelques jours par semaine |
La fréquence est le paramètre le plus variable de ce tableau. Sur les liaisons principales, les rotations sont nombreuses en haute saison et pendant les vacances scolaires locales, puis se réduisent au strict nécessaire le reste de l'année. Certaines dessertes fonctionnent au ralenti le dimanche et les jours fériés, quand d'autres au contraire renforcent leur service pour les retours de week-end.
Les compagnies maritimes qui desservent les îles
Le paysage est resserré, et c'est une bonne nouvelle : quelques noms suffisent à couvrir toutes les destinations de l'archipel.
- L'Express des Îles est la plus visible. Elle opère depuis la gare maritime de Bergevin vers Les Saintes et Marie-Galante, et assure la desserte interîles vers la Dominique et la Martinique.
- CTM Deher est la compagnie historique de la liaison Trois-Rivières vers Les Saintes, celle qui dessert à la fois Terre-de-Haut et Terre-de-Bas. C'est elle qui porte le trajet le plus court de l'archipel.
- Val'Ferry est spécialisée sur Marie-Galante, au départ de Pointe-à-Pitre et de Saint-François.
- Comatrile assure la desserte de La Désirade depuis Saint-François, ainsi que des rotations saisonnières vers Marie-Galante et Les Saintes.
- Karu Ferry est la plus récente et propose des liaisons vers Marie-Galante et Les Saintes au départ de Pointe-à-Pitre.
Ce paysage bouge. Les compagnies changent de nom, se rachètent, cèdent une ligne ou en ouvrent une nouvelle, et un navire immobilisé pour maintenance suffit à redistribuer les rotations d'une saison. C'est la raison de fond pour laquelle aucune page de conseils, y compris celle-ci, ne peut remplacer une vérification directe auprès de la compagnie avant le départ.
Six questions à régler avant d'embarquer
Quels sont les horaires des ferries en Guadeloupe ?
Les horaires changent plusieurs fois par an, selon la saison, les vacances scolaires et la disponibilité des navires. Aucune liste publiée sur un site tiers ne reste fiable plus de quelques semaines. La seule source à jour est le site de la compagnie maritime qui opère la ligne, à consulter la veille du départ.
Quelle est la durée de la traversée en ferry ?
Elle va d'une vingtaine de minutes entre Trois-Rivières et Terre-de-Haut à environ une heure entre Pointe-à-Pitre et Les Saintes ou Marie-Galante. La Désirade se rejoint en trois quarts d'heure environ depuis Saint-François. Les liaisons vers la Dominique et la Martinique dépassent deux heures.
Comment réserver un ferry pour les îles de Guadeloupe ?
La réservation se fait en ligne sur le site de la compagnie, par téléphone, ou au guichet de la gare maritime. En haute saison et le week-end, réserver la veille au plus tard est prudent sur les rotations les plus demandées. Le billet retour se prend en même temps que l'aller.
Quels sont les tarifs des ferries en Guadeloupe ?
Les tarifs évoluent régulièrement et dépendent de la destination, de l'âge du passager et de la période. Des réductions existent pour les résidents de l'archipel, les enfants et les groupes. Comme pour les horaires, seul le tarif affiché par la compagnie au moment de la réservation fait foi.
Quelles compagnies maritimes desservent les îles de Guadeloupe ?
Cinq compagnies se partagent l'essentiel du trafic : L'Express des Îles, CTM Deher, Val'Ferry, Comatrile et Karu Ferry. Chacune est spécialisée sur une ou deux destinations, et le port de départ suffit le plus souvent à désigner celle qu'il faut contacter.
Peut-on rejoindre les îles de Guadeloupe autrement qu'en ferry ?
Marie-Galante et La Désirade disposent chacune d'un aérodrome, mais les liaisons aériennes intérieures sont rares et irrégulières. Pour un voyageur, le ferry reste le moyen de transport normal vers les trois destinations insulaires de l'archipel.
Horaires et tarifs : ce qui bouge, ce qui ne bouge pas
Il faut distinguer deux catégories d'information, parce qu'elles ne se vérifient pas au même rythme. D'un côté, les données stables : les ports de départ, les destinations desservies, les durées de traversée, le nom des compagnies. Elles ne changent pas d'une saison à l'autre et une page comme celle-ci peut les donner sans risque de vous induire en erreur.
De l'autre, les données mouvantes : l'heure exacte de chaque rotation, le prix du billet, la présence ou non d'une escale, l'ouverture d'une desserte saisonnière. Les publier ici reviendrait à fabriquer une information périmée dans les semaines qui suivent, et c'est précisément le défaut de la plupart des pages consacrées au sujet. Un horaire faux coûte un embarquement manqué.
La bonne méthode tient en deux gestes. On utilise un guide comme celui-ci pour choisir sa destination, son port et son créneau, puis on confirme l'heure et le tarif auprès de la compagnie maritime, en ligne ou par téléphone, dans les jours qui précèdent. Et on rappelle son numéro de réservation le matin même en cas de mer annoncée forte.
Le billet : où l'acheter, ce qui fait varier son prix
La billetterie passe par trois canaux, et ils ne se valent pas tout à fait. La vente en ligne, sur le site de la compagnie, est la plus simple : elle donne un billet électronique à présenter sur un téléphone ou imprimé, et elle affiche en temps réel les places restantes sur chaque rotation. Le guichet de la gare maritime reste utile pour un départ le jour même ou pour un tarif particulier qui demande un justificatif. Une agence de voyage locale peut enfin vendre le trajet dans un forfait avec une excursion ou un hébergement.
Plusieurs paramètres font varier le prix d'un billet, et les connaître évite de comparer des offres qui ne sont pas comparables. La destination d'abord, puisque la distance parcourue n'est pas la même vers Terre-de-Haut et vers Marie-Galante. L'âge du passager ensuite : enfants et juniors bénéficient de réductions sur toutes les lignes. Le statut de résident de l'archipel ouvre également droit à un tarif spécifique, sur présentation d'un justificatif. Viennent enfin la période, le groupe et, sur les rotations qui l'acceptent, l'embarquement d'un véhicule, qui coûte à lui seul plusieurs fois le prix d'une place.
Les conditions de modification méritent un coup d'oeil avant de valider. Un aller-retour se prend en général avec une date de retour fixée, modifiable selon les compagnies moyennant un délai de prévenance, parfois avec des frais. Un billet à date ouverte existe sur certaines lignes et coûte un peu plus cher, ce qui reste un bon calcul quand le programme du séjour n'est pas arrêté. Dans tous les cas, on conserve le ticket ou le courriel de confirmation jusqu'au retour : c'est lui qui sert de titre de transport au moment de rembarquer.
Réserver, embarquer, et ce qu'on peut emporter
L'embarquement se présente en général une trentaine de minutes avant l'appareillage, davantage en période de forte affluence. Une pièce d'identité est demandée sur les liaisons interîles vers la Dominique ou Sainte-Lucie, où s'ajoutent des taxes portuaires réglées à l'arrivée ; vers la Martinique, aucune formalité particulière n'est exigée.
La question du véhicule mérite d'être tranchée avant de réserver. Vers Marie-Galante, l'embarquement d'une voiture est possible sur certaines rotations, mais il se réserve longtemps à l'avance, coûte nettement plus cher qu'un billet passager et impose d'arriver très en avance au port. Louer sur place est presque toujours plus simple et plus économique pour un séjour de quelques jours. Vers Les Saintes, la question ne se pose pas : Terre-de-Haut restreint la circulation automobile, et l'île se parcourt à pied ou en deux-roues. Vers La Désirade, le fret prime et la voiture particulière n'est pas une option de voyageur.
Un animal de compagnie est accepté par la plupart des compagnies, en cage sous le siège pour les petits gabarits, tenu en laisse et muselé au-delà, parfois moyennant un supplément. Les bagages ne posent pas de difficulté sur les liaisons intérieures, mais les navires rapides limitent le volume par passager sur les rotations interîles. Là encore, une question posée à la compagnie au moment de la réservation évite une mauvaise surprise à quai.
La mer entre les îles, et les annulations
C'est le paramètre que les sites de réservation passent sous silence, et c'est pourtant celui qui marque le plus les voyageurs. Entre Basse-Terre et Les Saintes, le canal est ouvert sur l'Atlantique et la mer y est souvent formée, y compris quand le lagon est parfaitement calme. Vingt minutes de traversée peuvent suffire à éprouver un estomac sensible.
Les navires employés sur ces lignes sont des catamarans rapides, conçus pour la vitesse plus que pour le confort par mer formée. On y trouve un salon climatisé avec sièges numérotés et un pont extérieur, et c'est ce dernier qui rend la traversée agréable. Les consignes de sécurité sont annoncées avant l'appareillage, les gilets se trouvent sous les sièges, et l'équipage ferme les accès extérieurs quand la mer le justifie. Rien de tout cela n'a d'importance sur vingt minutes de trajet ; sur deux heures vers la Dominique, tout en dépend.
Quelques précautions simples changent l'expérience. On s'installe au milieu du navire plutôt qu'à l'avant, où le tangage est le plus fort, et à l'extérieur plutôt qu'en cabine climatisée. On regarde l'horizon, pas son téléphone. Sur les rotations du matin, la mer est généralement plus maniable que l'après-midi, quand l'alizé a forci. Les personnes sujettes au mal de mer prennent leur traitement une heure avant l'embarquement, pas au moment de monter à bord.
Les annulations existent, surtout pendant la saison cyclonique et lors des épisodes de houle. Elles touchent en priorité la liaison vers La Désirade, la plus exposée, mais aucune destination n'y échappe complètement. La conduite à tenir est toujours la même : vérifier la veille, garder une marge d'un jour au moins avant un vol retour, et ne pas réserver un hébergement non remboursable sur une île à laquelle on n'est pas certain d'accéder.
Faire l'aller-retour dans la journée
Toutes les destinations ne se prêtent pas au même programme, et c'est probablement l'arbitrage le plus utile à poser avant de réserver.
Les Saintes depuis Trois-Rivières se visitent très bien à la journée. Vingt minutes de mer à l'aller, autant au retour, plusieurs rotations : on dispose d'une journée pleine sur Terre-de-Haut, largement de quoi monter au fort Napoléon, se baigner à Pompierre et déjeuner au bourg. La baie y figure d'ailleurs parmi les plus belles étendues de sable de l'archipel, que l'on retrouve dans la sélection des plages de Guadeloupe île par île.
Marie-Galante est faisable dans la journée mais tendue. L'île est vaste, ses distilleries et ses moulins sont dispersés, et une seule journée oblige à choisir. Deux nuits sur place, dans un hôtel du bourg ou une location au bord de mer, changent complètement le séjour, d'autant que l'ambiance de l'île se révèle surtout le soir.
La Désirade demande d'accepter une contrainte : peu de rotations, et une liaison sensible à la météo. La journée est possible et suffit à parcourir l'île, mais il faut caler son programme sur l'horaire du retour et prévoir le cas où celui-ci saute.
Dans tous les cas, le plus simple reste de placer ces excursions sur une carte de la Guadeloupe avant de réserver quoi que ce soit : le temps de route jusqu'au port pèse souvent plus lourd que la traversée elle-même, et c'est lui qui décide du port de départ à retenir. Un itinéraire de voyage bien construit place la sortie en bateau le jour où l'on loge le plus près du quai, garde une journée de battement pour la destination la plus exposée, et réserve la carte routière au reste du séjour.









